Notre raison d'être
La Fondation Youssef Sader pour la Culture Juridique a été créée en octobre 2018 afin d'honorer l'héritage de Youssef Sader. La famille SADER porte cette flamme depuis plus de 160 ans au service de l'État de droit. Nous perpétuons une conviction fondatrice : le droit appartient à ceux qu'il gouverne, et y accéder est à la fois un droit et un devoir civique.
Notre mission est de préserver ce patrimoine irremplaçable, de faire progresser la culture juridique par l'innovation et de bâtir des passerelles entre les générations et par-delà les frontières, préparant l'avenir avec la sagesse du passé.
Par ses archives, ses publications, ses partenariats universitaires, ses collaborations internationales et ses programmes publics, la Fondation protège les fondements intellectuels sur lesquels se construit la justice.
Les Piliers
Nous veillons sur un héritage de doctrine juridique qui s'étend sur plus de 160 ans. Des manuscrits rares et du premier périodique juridique du monde arabe jusqu'aux archives numériques d'aujourd'hui, la préservation et la diffusion du savoir juridique demeurent la pierre angulaire de notre travail.
Nous veillons à ce que l'information juridique atteigne les chercheurs, les praticiens et les citoyens, fidèles à la conviction fondatrice de Youssef Sader : une citoyenneté informée est le socle de l'État de droit. Du livre aux bases de données puis à l'intelligence artificielle, le support évolue, la mission demeure.
Nous cultivons un réseau de professionnels du droit, d'universitaires et d'institutions publiques dans tout le monde arabe, en nouant des partenariats avec la Ligue arabe, la Konrad-Adenauer-Stiftung, l'Université libanaise et HBKU, au service de la justice et de la vie civique.
Le Visionnaire
Visionnaire du droit & éditeur · 1870–1953
Youssef Sader naquit à Beyrouth en 1870, fils aîné d'Ibrahim Sader, qui avait ouvert en 1863 la première librairie commerciale du Liban. Formé à l'Université jésuite et à l'École patriarcale de Zokak el-Blat, il entra dans la pratique du droit, siégea quatre ans comme juge au Tribunal ottoman de Beyrouth et fut membre du Conseil administratif de Beyrouth pendant une décennie.
En 1890, Ibrahim Sader élargit l'entreprise familiale en fondant l'Imprimerie scientifique (al-Matba'a al-'Ilmiyya), étendant son activité à l'édition juridique, culturelle et littéraire. Youssef prit la direction de l'imprimerie et se spécialisa très tôt dans l'édition juridique, convaincu qu'un citoyen qui ne peut accéder au droit ne saurait véritablement être gouverné par lui.
« Puisqu'il est du devoir de chaque citoyen de connaître les lois de son pays, nous avons pris sur nous de publier ces lois et de les rendre accessibles à tous. » — Youssef Sader
En 1921, il fonda Al Majallat al-Qada'iyyat (La Revue Juridique), premier périodique juridique du monde arabe. Il y publia la législation officielle, les décisions de justice et la doctrine issues des tribunaux du Grand Liban et de Syrie. Il dota chaque numéro d'index alphabétiques détaillés, établissant pour la première fois un relevé systématique du droit pour le monde arabophone.
En juillet 1926, deux mois seulement après son adoption, la revue publia le texte intégral de la Constitution libanaise, la charte qui transforma l'État du Grand Liban en République libanaise, première république du Moyen-Orient. Il composa ensuite le premier recueil complet des lois libanaises, un ouvrage de neuf volumes et 3 800 pages, acquis par la Bibliothèque des Nations Unies à New York.
Au-delà des textes juridiques, Youssef était un homme de lettres. Il publia les œuvres littéraires du célèbre Amine Rihani, son beau-frère, et produisit en 1908 l'Agenda SADER, l'un des tout premiers agendas du Levant. Entre 1941 et 1946, il entreprit la transposition des textes juridiques du turc ottoman vers le français et l'arabe, consolidant le corpus juridique de l'après-Mandat pour les praticiens de toute la région.
Youssef Sader nourrissait une conviction inébranlable : le droit est la propriété du peuple, et sa force repose sur la capacité de chacun à le connaître, à le lire, à l'invoquer. Il voyait dans l'édition juridique un acte de service civique, plaçant le savoir entre les mains des citoyens afin qu'ils gouvernent leurs propres affaires avec clarté et assurance. En reconnaissance de cette contribution, la République libanaise lui décerna la Médaille du Savoir et la Médaille d'or du Mérite en 1951 ; la République syrienne lui conféra la Médaille du Mérite la même année. Il s'éteignit à Beyrouth en 1953.
Aujourd'hui, la sixième génération de la famille SADER perpétue sa conviction. Sous la direction de Rany Sader depuis 1996, l'entreprise s'est étendue de Beyrouth aux Émirats arabes unis, à la Jordanie, à l'Arabie saoudite, au Koweït et à Chypre, passant du livre aux bases de données puis à l'intelligence artificielle, sans que la mission ne change.
Un fil à travers le temps